Tricot de vie

Entre le début et la fin de ma vie
S’étirent comme sur une corde à linge
Mes misères et mes exploits,
Mes rêves et mes peines,
Mes colères et mes joies.
 
Ma vie a tissé des couleurs de laine
Mêlée de fils de soie
Les rangs aux couleurs de misères et de peines
Succèdent aux rangs de mes bonheurs et de mes joies;
 
Ma ceinture de vie prend ma peine
Elle s’enroule à la tienne
Malgré les liens serrés d’un tricot très étroit
Ou le mien doit s’effacer lentement pour ne pas suffoquer.
 
Je respire un brin d’air entre deux rangs peu serrés
Un point de repère pour me retrouver.
Ne pas me laisser dévorer par l’envahisseur innocent
Qui piétinne mes  brindilles de laine à trop vouloir faire le charmant;
Comment dire d’arrêter à celui qui se découvre aimé
Et qui, par un heureux hasard
Ne veut pas qu’il soit pour lui, à jamais trop tard.
 
Je dépose mes broches et mon tricot attend
Me vient soudain une envie folle de me mettre à la dentelle;
Plus aérée, plus légère et surtout moins envahissant comme passe-temps.
Je viens de comprendre pourquoi elle est si belle la dentelle
Elle laissera toujours respirer et entrevoir la beauté de ce qu’elle caresse;
Il n’en est malheureusement pas toujours ainsi de ceux qui disent nous aimer.
le 28 Mars 2008
 
 

La dérive

Comme une épave
Sans rames, je dérive,
Éteinte sans âme
Exposée aux vautours
 
Je tiens l’eau de peur
Sauf le bleu, rien autour
Qu’une mer agitée
De soubresauts pleureurs.
Je suis une pause
Entre deux vies;
Vie d’eau, vie de mer,
Vie de ciel, vie d’air,
Sur mon épave, point de vie;
À peine un léger souffle;
Et dansent les vautours.
Je suis un silence entre deux rives.
27 mars 2008